Balade hivernale

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

 

 

         

           Mirabelle avait grandit dans une grande propriété dans la campagne de Dublin. Elle n’avait jamais manqué de rien sauf peut être d’amour. Pourtant issue d’une famille nombreuse, elle restait toujours dans l’ombre de ses soeurs. Elle n’avait aucun talent, rien d’exceptionnelle non plus dans son physique, elle était plutôt banale. Toujours surpassé par une autre, elle s’était finalement habitué a être ignorer et finalement il valait peut être mieux que d’être sans cesse comparer a ses fabuleuses et talentueuses soeurs. Mirabelle se joignait le moins de temps possible a eux et avait pris l’habitude de rester a l’écart de sa famille, préférant resté à l’arrière de la propriété, du coté des écuries. Au moins la bas, elle pouvait être elle même sans en avoir honte.

           L’hiver arriva. Très vite les températures baissèrent et le soleil fit place à la neige. A en croire les anciens, cela faisait de nombreuses années qu’il n’y avait eu pareil tempête de neige. Il fallut à peine une heure pour que le sol ne soit recouvert de neige et seulement deux de plus pour que l’épaisseur n’atteigne les 50 centimètres. La famille dut s’enfermée plusieurs jours dans la maison, sortir par la tempête aurait été pure folie. Pour Mirabelle, ce fut comme elle s’y attendait. Les premiers jours, elle devait essuyer les moqueries de ses soeurs et lorsqu’elles se furent lassées de ce jeu, elles finirent par ne plus faire attention elle. Elle s’occupait dans son coin et parfois allait s’asseoir prés de la fenêtre et regardait la neige engloutir le paysage. 

          Au bout du huitième jour, la neige cessa enfin de tomber et le dixième, elles furent autorisés à sortir prendre l’air si elles le désiraient mais seulement à quelques mètres du porche. Leur grand-mère décida de les accompagner pour éviter toutes imprudences de la par de ses « dindes sans cervelles », pour reprendre son expression. Bien qu’elle lui donna l’impression de gelé de l’intérieur, la première bouffée d’air frais lui procura une sensation enivrante mais très vite, le peu d’espace de liberté qu’autorisait sa grand-mère fut remplit et un jacassement sonore se fit entendre. Mirabelle se sentait frustré de ne pas pouvoir profiter pleinement du spectacle que lui offrait la nature. Elle profita donc que la matriarche soit occupé a faire des remontrances, pour se faufiler derrière la maison. Elle la contourna, et ce qu’elle vit la bluffa. La campagne était recouverte d’un épais manteau blanc, un léger vent balayant le sol et faisant voler un nuage de poussière blanc, étincelant. Le silence qui régnait était aussi apaisant qu’une douce mélodie. Captivée par ce tableau, elle s’avança jusqu’au limite de la propriété. Elle avait envie d’aller plus loin, de fouler cette neige si parfaite mais elle savait qu’en faisant ca, elle transgresserait les règles. Elle se dit qu’après tout, il était fort probable que personne ne remarquerait son absence, et elle ne ferait que quelques pas… Le froid qui la mordait au visage, lui donnait une étrange sensation d’etre vivante.Elle continua de marcher encore un peu, et ce ne fut qu’arriver prés des premiers arbres de la forêt qu’elle se rendit vraiment compte de la distance parcourue. 
           

          Elle fit demi tour et rebroussa chemin. Elle prit tout son temps, retardant ainsi son retour parmi les siens. Le ciel était encore blanc et menaçant, il se pouvait très bien qu’elle doive encore rester confiner à l’intérieur pendant plusieurs jours. Elle comptait bien profiter de chaque instant avant de rentrer. Elle s’amusait a regarder les traces qu’elle avait laissé lors de son passage quand elle entendit un bruit en provenance des fourrés.Elle s’immobilisa, les sens en alertes mais aucun bruit ni mouvement ne troubla le calme qui régnait. Elle pensa à un petit rongeur qui avait du lui aussi avoir envie de se dégourdir les pattes, mais elle ne se sentait pas sereine. Son idée d’escapade ne lui était plus aussi séduisante, et ce silence pourtant si paisible quelques instants auparavant lui semblait maintenant menaçant. La distance qui la séparait de la maison lui paraissait interminable. Enfin, elle entendit au loin les voix de sa famille. Elle se sentait stupide d’avoir eu peur, sans doute, à cause d’un petit animal. Elle se détendit, elle n’était plus qu’à quelques mètres de la maison. La seconde suivant son relâchement, elle ressenti une douleur fulgurante sur la tempe puis le noir total.
         
           Lorsqu’elle reprit conscience, Mirabelle ne se souvenait de rien. Tout d’abord, elle pensa être de son lit, elle était au sec et il faisait une chaleur agréable mais très vite une odeur horrible lui parvint. Elle ouvrit les yeux et essaya de se redresser mais une douleur vive à la tête l’en empêcha. Elle regarda autour d’elle et se força a se souvenir. Elle marchait dans la neige… elle avait entendu du bruit… Ce pouvait il que ce qu’elle avait prit pour un innocent rongeur était en réalité un terrible prédateur? Il lui fallait réfléchir vite. Elle tourna sa tête douloureuse et ne put que constater qu’elle se trouvait à l’arrière d’une camionnette qui roulait. A un moment, la camionnette fit une embardé et Mirabelle se retrouva projeté contre la paroi en face. Elle se força a se redresser malgré les protestations de son corps, et vit qu’à l’endroit de l’impact se trouvait désormais une trace de sang. Machinalement, elle toucha l’endroit qui la faisait souffrir, aussitôt elle toucha un liquide chaud et poisseux, ce qui ne laissa aucun doute sur l’origine de la trace. Son regard se posa sur le sol, et elle remarqua de nombreuses taches de sangs séchées. celui d’une autre victime?  Le résumé de la situation l’effraya.
         
          La voiture roula un petit moment avant de s’arrêter enfin. Mirabelle attendit, quelques secondes angoissantes puis la porte arrière s’ouvrit. Elle vit l’homme qui l’avait arraché de chez elle. Un homme terrifiant, grand et robuste, les traits de son visage étaient durs et creusés. Lorsqu’il la saisit par le cou, elle suffoqua sous la pression de ses doigts. Il la traîna ainsi jusqu’à l’entrée d’une cave, en ouvrit la porte et la jeta au fond de la pièce.Elle respira à plein poumon, l’air qui lui avait tant manqué lui faisait mal en rentrant dans ses poumons. Elle fut prise de vertiges, du au manque d’oxygéne, et en plus de sa blessure a la tête, elle ressentait maintenant une douleur cuisante a l’endroit ou l’homme avait resserré ses mains puissantes. Maintenant qu’elle se retrouvait coincé dans cette cave, elle repensait a sa famille et aurait donner n’importe quoi pour pouvoir être la cible de leurs moqueries, n’importe quoi tant qu’elle aurait été parmi les siens. 
          Mirabelle ne savait pas depuis combien de temps elle était la, dans cette pièce humide et froide. Elle avait réfléchi à ses possibilité au vue de la situation. De par la carrure de son ravisseur, il était peu probable qu’elle arrive par la force a quoi que ce soit, il était beaucoup plus fort qu’elle, cela et ne faisait aucun doute. Il ne lui restait plus que la fuite mais parviendrait elle à saisir sa chance, aurait elle le courage de courir si l’occasion se présentait? Elle ferait tout son possible, quels que furent les projets de l’homme, elle ne le laisserait pas faire. Au bout d’un très long moment, alors que Mirabelle commençait à s’endormir d’épuisement, la porte s’ouvrit. La luminosité de la neige à l’extérieur était elle, qu’elle en fut ébloui. Lorsque ses yeux commencèrent a s’habituer, elle vit se détacher de la lumière une ombre immense qui prenait la quasi totalité de l’encadrure de la porte. Elle savait qu’elle tenait la, ce qui pouvait être son unique chance. Pourtant, elle resta paralysé par la peur et ne put esquisser aucun mouvement, se laissant approcher sans ciller par son agresseur. « Son bourreau » se dit elle, le couteau a la lame tranchante ne laissait pas planer le doute sur ses intentions..
         
          Tout comme la première fois, il ne lui suffit que d’une seule main autour de son cou pour la soulever de terre. Lorsqu’il l’emmena à l’air libre, elle sentit l’air la fouetté et avec horreur elle songea que c’était peut être le dernière fois qu’elle le sentirait.. Elle essaya en vint de se débattre, essayant de faire lâcher prise à l’homme mais rien à faire, bien au contraire, il resserra un peu plus sa prise, lui faisant monté les larmes aux yeux, l’air manquait… Il l’entraîna dans une grange proche. Une fois à l’intérieur, il la jeta violemment à terre. Jusqu’ici, il était toujours resté silencieux et dénué d’expression, comme si ce qu’il faisait était machinale. Ça ne fit que rendre l’image encore plus effrayante lorsqu’il se retourna, une lueur démente dans les yeux, la lame de son couteau étincelante a la lumière. A cet instant, elle sut que c’était la fin, enfin aurait il mieux valut pour elle..L’homme avança droit sur elle, insensible à la terreur de Mirabelle, à ses cris et ses supplications. Il lui saisit la tête de sa grosse main, et de l’autre, lui trancha la gorge. Elle ressenti une douleur telle qu’il est impossible d’imaginer. Volontairement ou pas, son bourreau n’avait pas fait le travail correctement car elle n’était pas morte. Cela n’était qu’une question de temps… Malgré la douleur, elle ne pouvait crier, ses cordes vocales  étant sectionnées. Elle était la, spectatrice au premier plan de la froide folie de cet homme. Sans un mot, il l’attacha à l’aide d’une corde, la suspendit à un crochet au mur et sortie de la grange. A aucun moment il n’avait prit la peine de vérifier si oui ou non, sa victime avait succombé.
         
             Elle se tenait suspendu dans le vide, à moitié décapité, sentant son sang s’écouler hors de son corps et finissant sa course sur le sol poussiéreux. A mesure que la tache s’étendait par terre et que sa vision se troublait, elle repensa à ce moment d’insouciance où elle jouait dans la neige… Puis se fut comme si la douleur s’estompait, que peu à peu elle disparaissait Finalement, elle n’avait plus mal, elle allait plutôt bien même. Sa vision s’améliora et Mirabelle aperçu son corps devant elle, pendant vulgairement au bout de cette corde. Elle était morte, son âme avait quitté son corps. Il lui fallut quelques minutes pour assimiler cette idée et lorsqu’elle voulu fuir cette scène, elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas s’éloigner de son cadavre.
         
            Alors qu’elle se demandait ce qui allait advenir d’elle, la porte s’ouvrit une nouvelle fois pour laisser entrer son assassin. Sans hésitation, il décrocha la dépouille vidé de son sang et l’emmena a l’intérieur de sa maison, dans une cuisine miteuse. Mirabelle l’avait suivie comme contrainte par un fil invisible, elle était lié à son corps. N’avait elle pas assez souffert? Était elle obliger de voir ce que ce monstre lui réservait encore? Elle l’observa donc. Il la jeta sur une table et entreprit de la dénudé. Une fois sa victime mise à nue, il se saisit d’un grand couteau de boucher. D’un coup qui résonna comme le tonnerre à ses oreilles, elle vit l’homme lui trancher complètement le cou cette fois. Il prit la tête de sa victime dans ses mains, s’amusa un instant à la faire parler, avant de la jeter vulgairement dans la poubelle. Puis l’homme prit un autre couteau, plus fin et plus long que le précédent et enfonca sa lame dans la chair avec un plaisir manifeste,  il incisa sur toute la longueur du torse. A cet instant, Mirabelle fut prise de nausée de voir son corps ainsi mutilé. L’instant suivant, une lumière était apparue et l’avait attiré à elle. L’âme de Mirabelle pouvait enfin quitté cette terre, libéré de son calvaire.
          Quelques heures plus tard, dans la piéce voisine où résonnaient des rires d’enfants, une femme annonça : « A table tout le monde ! La dinde va refroidir ! » .
           

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