II

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

Le temps avait été clément et la température s’était adoucit, comme convenu, elle arriva peu avant la mi-journée et pu franchir les portes au milieu d’une foule dense. Elle trouva d’ailleurs étrange de voir autant de monde, lors de sa dernière visite bien que ce fut l’été, les rues n’étaient pas aussi remplies. Tandis qu’elle se frayait un chemin dans ce dédale de rues, son attention fut attiré par une affiche clouée sur un mur. Elle s’approcha et lut. C’était bien sa veine, sa venue coïncidait avec la fête de Dalmian… Tout cela était ridicule. Un beau jour, un inconnu avait demander une audience au prés du Gouverneur du pays de Chyrmeir, en personne. Au bout de plusieurs jours d’attente passé dans le halle du Palais, le Gouverneur ne pu que se résoudre à le recevoir. Personne ne sut ce qui s’était dit lors de l’audience mais après leur séparation qui ne se fit que tard dans la nuit, le Gouverneur fit rédiger un décret ordonnant le culte de Dalmian, et des avis furent placardés sur tous les murs. Il semblait que personne ne s’était posé de question et tous avaient accepté la nouvelle lubie du Gouverneur. Cela ne changeait rien de spéciale à la vie du peuple, si ce n’était une raison de plus de faire la fête une fois par an et bien entendu, un impôt de plus. En y réfléchissant, elle ne savait même pas ce qu’était censé représenter ce Dieu… Peu importait, après tout, elle ne se sentait pas concernée par ce genre de choses.
              Elle qui détestait la foule… Dommage, elle raccourcirait sa visite. Cela faisait plus de six ans qu’elles ne s’étaient pas vu,elle et Casildia, le temps passait tellement vite.. Non pas qu’elle n’ait pu venir plus tôt la voir car elle disposait de son temps comme bon lui semblait, de plus elle était souvent passé prés d’ici. La réalité était que de voir Casildia, ferait remonter des souvenirs, une partie sombre de sa vie. Elle lui était redevable comme une enfant à qui la mère donne la vie , elle le savait. Pourtant, elle qui n’avait pas peur de la mort elle même, ne pouvait se résigner à affronter les démons de son passé. Si elle était venue aujourd’hui, c’est qu’elle lui avait promis de lui rendre visite et elle lui devait bien ça. Ce séjour pourrait peut être même s’avérer agréable, non, elle le savait. Ce serait ennuyeux, elle ne se sentirait pas a l’aise.Tout d’abord, Casildia vivait dans un autre monde, loin du sien. C’était une belle femme, avec un caractère bien trempé, toujours souriante. Elle tenait une auberge dans les quartiers huppés de Mirnase. Pas un de ces endroits crasseux et malfamé où se retrouvent ivrognes et crapules mais plutôt une clientèle composé essentiellement de voyageurs fortunés et de marchands. Le seul défaut qu’elle lui trouvait, c’était le choix de son mari. Il s’appelait Benderio, un bellâtre âgé d’une dizaine d’années de plus que son épouse et surtout qui avait flairé la bonne affaire, elle était belle, jeune et bénéficiait d’une bonne situation financière. Il avait agit subtilement et en douceur, si bien que Casildia était tombé follement amoureuse de lui. Il ne lui avait pas fallut longtemps pour la demander en mariage, pour officialisé leur union, également celle de leur bien.. Très vite, il s’était immiscé dans le fonctionnement de l’auberge, jusqu’à en être le principale dirigeant. Pourtant, Casildia semblait heureuse, n’était ce pas ce qui comptait? Elle qui lui avait chanté les louanges de l’amour tout au long de leur voyage, elle qui ne vivait que pour connaître le grand amour… Elle avait déjà songé a le tuer mais cela aurait brisé le coeur de son amie et elle ne pouvait s’y résoudre.  Pourtant, l’idée était tellement séduisante.. mais elle chassa cette pensée de sa tête, du moins la mis de coté pour le moment.
                 Elle se fraya difficilement un chemin dans la foule, tout en la maudissant. Malgré le temps passé et les rues surpeuplés, elle arriva assez facilement à se repérer. Les affaires devaient bien marchés à en croire l’imposante devanture, sur laquelle était écrit en fines lettres rouges « L’étoile de Carlone ». Le bâtiment détonnait avec le reste de la ville, il semblait rayonner avec ses grandes fenêtres fleuries et ses pierres blanches parmi les maisons et les commerces montés hâtivement lors de l’ouverture de la frontière nord. La petite bourgade de l’époque étant a mi chemin avec la capitale, de nombreux marchands s’y arrêtaient et très vite, il fallut construire pour répondre a la demande des voyageurs, l’appât d’un gain rapide porta le choix sur des constructions ternes et sans aucun charme, poussant plus vite que des morelles noires et en totale anarchie.
Elle descendit de son cheval et le deposa a l’écurie où un jeune garcon plutot niais lui promis de bien s’en occuper et de porter son sac à l’intérieur. Elle se dirigea vers la porte de l’Etoile. Quelques petites choses avaient changés, comme les voilages aux fenêtres remplacés par des dentelles finement ouvragées, mais dans l’ensemble, elle eut l’impression de n’avoir quitté les lieux que quelques jours auparavant. Malgré l’affluence, elle vit tout de suite Casildia. Elle l’aperçut prés d’une table à laquelle elle riait avec deux clients. Elle avait l’air encore plus radieuse que lors de leur dernière rencontre et toujours aussi belle. Elle n’alla pas la voir directement, elle n’aimait pas parler en présence de personne qu’elle ne connaissait pas, mais préféra aller trouver une serveuse occuper à laver les chopes, et lui demanda d’aller chercher la maîtresse des lieux. Celle ci la regarda avec des yeux ronds puis s’exécuta. Décidément, Casildia ne semblait pas choisir son personnel pour leur vivacité.. Elle observa la scène, la serveuse s’approcha de la femme qui parut fâché d’être ainsi déranger, puis la surprise passa sur son visage lorsque la serveuse lui parla. Casildia se reprit aussitôt et prit congé pour se diriger vers elle.
               Lorsqu’elle l’aperçut, Casildia parut une fois de plus surprise, puis un sourire illuminant son visage, elle la prit dans ses bras. Elle n’avait jamais aimé ces démonstrations d’affections..
   « Ailse!! Mais que fais tu ici ? Cela fait si longtemps ! 
_  J’ai des affaires a mener par ici, je pensai donc venir rendre visite à une vieille amie. Mais je tombe à un mauvais moment on dirait…elle balaya la salle du regard.
Oui, la fête de Dalmian.. elle aussi observa la foule mais elle paraissait inquiète. Viens, allons dans mon bureau, nous y serons plus tranquille pour bavarder. Elle l’entraîna a sa suite à travers la salle jusqu’à une porte en ébène sur laquelle était gravé un cercle d’où huit flêches pointaient dans des directions opposés. Lorsque la porte se referma, le calme se fit. La pièce était petite mais chaleureuse.  Les murs étaient couverts de lambris, seul un tableau représentant un paysage de montagne y était accroché. A une extrémité, se trouvait deux divans séparés par une table et une bibliothèque. De l’autre, un bureau et un fauteuil a haut dossier. On y voyait la touche féminine de Casildia au travers des vases remplit de fleurs délicates, des dentelles et des moelleux cousins disposés sur le divan.
           Casildia invita Ailse a prendre place dans l’un des divans tandis qu’elle même alla prendre deux verres et une bouteille dans son bureau avant d’aller s’asseoir. Elle servit dans les verres un liquide de couleur ambre et en tandis un à Ailse qui brisa le silence.
Les affaires ont l’air de bien marché, la salle est pleine.
_ Comme pour tous les commerçants dans la ville à cette période de l’année… mais dis moi plutôt quelle affaire peut bien t avoir poussé jusqu’ici, si je me souviens bien, tu as toujours détesté Mirnase?
_ Rien de bien important, juste un petit service à rendre. 
_ Ou plutôt une vie a prendre ?  Casildia avait dit cela sur un ton dégagé. Ne prend pas cet air surpris ! Je te connais mieux que personne, et j’ai cru reconnaître ta griffe sur ses étranges rumeurs qui circulent. Et si j’ai raison, ce qui a l’air d’être le cas vu ton sourire, plus d’un ne dormiront plus tranquille dans la région.
_ Je ne comprend pas de quoi tu parles, je viens seulement en tant que coursier. Quand aux rumeurs, sans toute une de ses légendes de campagne. Ailse soutint le regard de son amie sans ciller, le temps où elle se sentait prise en faute était révolu, elle aussi avait appris à masquer ses émotions.
_ N’en parlons plus alors.. même si cela est dommage.. elle avait dit tout cela le regard dans le vague, comme pour elle même.
Pourquoi dis tu cela ? Aurais tu des ennuis qui mériterait une telle extrémité?  Elle c’était redressé, car il n’était pas dans les habitudes de Casildia de montrer une quelconque faiblesse même devant une amie.
De simples désagréments liés a la profession… des bagatelles, ne t’en fais pas. Elle avait retrouvé son assurance et son sourire si familier. Ne m’en veux pas mais je ne peux m’absenter trop longtemps de la salle avec cette affluence. Je vais demander a Galianne de te préparer la grande chambre, je la gardai au cas où un invité de marque viendrait à l’improviste. Tu devrais profiter des festivités pendant ce temps, et nous dînerons ensemble si tu es d accord. Elle vida son verre et sorti de son bureau. Ailse mit quelques secondes avant de réaliser que Casildia était parti. Elle bu son verre à petites gorgées, tout en repensant à l’étrange comportement de son amie.

 

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