III

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

               Ailse préféra sortir de l’auberge, le temps que sa chambre soit préparé. L’idée de rester au milieu de tous ces gens vaniteux la rendait malade. Au moins dans la foule de la rue elle ne serait pas obligée de leur faire la conversation. Elle se promena dans la ville, s’arrêtant parfois pour regarder des saltimbanques ou des musiciens. Elle prit même plaisir à regarder un spectacle de marionnettes, pendant lequel elle s’assit parterre au milieu des enfants. Comme eux, elle réagissait aux frasques des pantins de bois, riant de bon coeur. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait prit autant de plaisir. Lorsque la lumière du soleil déclina et que l’ambiance bonne enfant laissa place à l’ébriété et que les bagarres éclatèrent ci et là, elle prit le chemin du retour. Le coeur allégé par cette agréable après-midi, elle entra par la porte des cuisines et fut surprise de ne pas y trouver Okariesse. C’était la cuisinière qui occupait les lieux lors de son dernier passage. Elle l’aimait beaucoup, c’était une femme de forte corpulence, un franc parler bien à elle et une générosité sans égal. Elle avait toujours été bonne avec elle et souvent après le service du soir, elles aimaient se retrouver toutes les trois, Casildia, Okariesse et Ailse, pour jouer aux cartes, riant aux éclats et dégustant une bonne bouteille. A la fin cependant, lorsque la maîtresse des lieux avait épouser Benderio, la cuisinière et Ailse se retrouvaient régulièrement à deux. A la vue de l’intrus dans sa cuisine, la nouvelle chef des lieux s’approcha menaçante, une louche brandit en l’air:
« Ola maraudeuse ! Fiches donc le camps de là avant que je te passe l’envie de voler quoi que ce soit !!
_ On se calme !! Je suis Ailse, Casildia a dû vous parler de moi !  Elle était arrivé au bout de la pièce, le dos contre un plan de travail, s’attendant à devoir maîtriser la folle furieuse et sa louche. A ces mots, l’assaillante se stoppa, puis retourna a ses fourneaux.
_ Désolé m’selle, mais en cette période, nombreux sont les filous, vous comprendrez que je dois de me protéger… A dire vrai, Ailse n’arrivait pas à s’imaginer la cuisinière dans le rôle de la victime. Une voix familière la ramena à la réalité.
_ Voyez donc qui est là ! Ma chère amie Ailse ! Et il se précipita vers elle pour l’étreindre. Si elle n’avait pas été si surprise, elle l’aurait sans aucun doute poignardé pour avoir oser un tel un geste, d’ailleurs dés qu’il la relâcha, elle regretta déjà de ne pas l’avoir fait.. Elle recula pour mettre autant de distance entre elle et lui, que la politesse lui permettait et le regarda déposer son plateau. Après avoir donner quelques ordres à la cuisinière, il revint vers elle avec ce même sourire mielleux que lorsque il l’accueilli, et la prenant par le bras, il la conduisit à travers la salle jusqu’en haut de l’escalier menant aux chambres.
 » Après tout ce temps, te revoir ici ! Comme on bon vieux temps ! Je n’en revenais pas quand Casildia me l’a annoncé ! En ce moment nous sommes débordés mais pour une invité telle que toi, nous arriverons à trouver du temps. Casildia a demandé a notre servante de te faire préparé un bain. Aprés un tel voyage, tu dois surement être épuisé ma pauvre amie, cela te fera le plus grand bien. Ensuite, nous pourrons partagés tous les trois un bon repas ! «  
              A peine eu t’il fini sa phrase, qu’il fit demi-tour et redescendit en salle, la laissant devant la porte de ce qui semblait être la salle de bain. Haussant les épaules, elle pénétra dans la pièce où régnait une douce chaleur, éclairé faiblement par des bougies éparpillées. Elle déposa ses vêtements sur une chaise et se glissa dans l’eau. Elle ne savait pas combien de temps elle était resté ainsi à se prélasser dans son bain, sans les coups frappés a la porte, elle se serait sans doute endormie. Une servante plus jeune que celle de la salle entra, dans les bras du linges propres. Après avoir déposé le tout et fait savoir que les maîtres des lieux l’attendraient dans le bureau dans  quinze minutes pour y prendre le souper, elle quitta la pièce. A contre-coeur, elle sortie de l’eau, et se prépara pour rejoindre ses hôtes. Casildia lui avait fait porté en plus des serviettes une de ses robes. Ailse apprécia qu’elle ce soit souvenu de sa répugnance à porter elle même des toilettes avec trop de fanfreluches. Celle ci restait sobre bien qu’elle jugea le décolleté trop pigeonnant et la taille trop cintrer.
            Elle était détendu, et affamé lorsqu’elle entra dans le bureau. Ils étaient déjà tous les deux attablés, et visiblement son arrivé venait de les couper dans leur conversation. Casildia semblait passablement énervé, quand à lui, il paraissait au contraire se réjouir. Benderio se leva pour aller servir un verre à leur invité pendant qu’en parfaite maîtresse de maison, Casildia l’invita à s’asseoir et entama les banalités des retrouvailles. Le souper se passa dans une ambiance bonne enfant, bien qu’Ailse se sentit agacé par l’attitude de Benderio, agissant comme si ils étaient les meilleurs amis du monde. Or, jusqu’a maintenant, ils avaient toujours soigneusement évités de se retrouver dans la même pièce. Pourtant, au moment du dessert, l’ambiance changea.
La plus jeune des servantes venait de servir et de sortir de la pièce et Ailse venait de goûter au gâteau de fruits qui se révéla être infâme.
  »si je puis me permettre, ta nouvelle cuisinière n’a pas les talents culinaires d’Okariesse. Ils s’arrêtèrent de manger.J’ai d’ailleurs été surprise de ne pas la voir. Qu’a t il bien pu se passer pour que tu doives t’en séparer? Benderio resta le regard figé sur sa cuillère vide, Casildia eut l’air de choisir ses mots.
Disons, que nous avons eu une divergence d’opinion, mais s’il te plait ne parlons pas de ça.
_ Vous avez souvent eu des conversations animées lorsque vous n’étiez pas d’accord mais il est assez difficile d’imaginer qu’elle ai pu te laisser juste pour ci peu.. A peine eut elle fini sa phrase que Casildia se leva de table et prit congé sans aucun mot, ni regard pour son mari ou son amie.
_ Tu n’aurais pas du insister. La voix de Benderio fit sursauter Ailse, devant la brusque sortie de Casildia, elle en avait oublié sa présence. Lorsqu’elle tourna la tête vers lui, il avait le visage livide et s’était lui même levé de table. Leur dispute la beaucoup éprouvé. Tu devrais aller dormir maintenant. A demain. 
Ce soir là, elle eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. Même si elle appréhendait de revenir dans ces lieux, elle n’aurait pu imaginer que tant de choses aient pu changer. La maniére dont elles s’étaient quittés ce soir avec son amie la mettait également mal à l’aise. Demain, il faudrait qu’elle s’excuse auprès d’elle, si elle l’avait blessé ce n’était pas dans son intention. Au vue de sa réaction, la dispute avait du être violente et elle devait bien reconnaître que cela avait éveillé sa curiosité…

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