IV

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

Lorsqu’elle se réveilla, elle éprouva le même malaise qu’en s’endormant. Tout en s’habillant, elle pensa à ce qu’elle pourrait dire à Casildia, si elle ne voulait pas que celle ci s’offusque à nouveau, il lui faudrait choisir ses mots avec prudence. Elle prit donc tout son temps, retardant ainsi la conversation qu’elle redoutait. Elle prit également le temps d’arranger sa coiffure et de mettre un peu de noir autour de ses yeux ainsi que du rouge sur ses lèvres. Casildia apprécierait sans aucun doute cet effort de sa part et bien qu’elle eut l’impression de ressembler à une de ces dindes de la haute société, si cela pouvait mettre son amie de meilleure disposition cela en valait la peine. Lorsqu’elle n’eut plus d’excuse pour s’attarder plus longtemps, elle sorti de sa chambre.

Elle ne réalisa pas tout de suite l’agitation anormale qu’il régnait dans la salle, elle crut que cela était du à la fête de Dalmian. Elle chercha du regard Benderio ou Casildia et comme elle ne les vit pas elle décida d’aller voir dans le bureau. En se rapprochant, elle entendit des éclats de voix. Elle avança sur la pointe des pieds jusqu’à la porte et y colla l’oreille. Elle reconnut sans difficulté la voix de Benderio, ainsi que celle de la cuisinière et d’après les silences, au moins une autre personne était également présente dans la pièce. Elle ne pu entendre grand chose car des bruits de pas se rapprochaient et elle eut tout juste le temps de se reculer suffisamment pour se cacher dans l’obscurité des escaliers descendant à la cave, avant que  la porte du bureau ne s’ouvre à la volée. La cuisinière sorti en trombe suivit par la jeune servante en pleure. Ailse se rapprocha sans bruit de la porte, il n’y avait plus que Benderio, qui était assis la tête dans ses mains.  Elle rentra dans la pièce et vint s’asseoir face à lui. Elle ne lui laissa pas le temps de reprendre contenance et lui demanda où se trouvait Casildia.

 » Partie… Ce matin, elle n’était plus là. Elle m’a quittée.. » Il éclata en sanglots.

Elle trouva écoeurant de voir cet homme s’effondrer ainsi devant elle. Elle avait trouvé son amie étrange mais il lui sembla impossible que cela est un rapport avec son idiot de mari. Elle ne lui aurait pas laissé son affaire. Quelque chose de grave avait du arriver. Cela ressemblait plus à une fuite qu’à une rupture. Alors qu’elle en arrivait à cette conclusion, elle aperçut que sur le bureau si bien rangé la veille s’éparpillait plumes, parchemins et un encrier se répandant. Elle s’en approcha et fouilla dans les parchemins mais rien d’important, seulement des factures et autres papiers concernant la tenue de l’auberge. Un morceau de parchemin chiffonné sous le bureau attira son regard. Elle le déplia et y découvrit un symbole tracer à l’encre verte. Cela lui disait vaguement quelque chose mais elle n’arrivait pas à se rappeler.

   »Elle a laissé ça pour toi. Ailse sursauta, elle en avait oublié sa présence. Elle prit la lettre qu’il lui tendit mais il ne la lâcha pas. Si tu y trouves une explication, je t’en prie, dis le moi ». Elle hocha la tête, et il lui céda la lettre avant de quitter la pièce. Elle s’installa sur le divan, observant la missive portant son nom, et fut satisfaite de voir que le sceau de cire était intacte.

 

Petite soeur, 

 

je suis au regret de devoir t’abandonner alors que nous venons à peine de nous retrouver. J’aurai aimé pouvoir t’expliquer les choses mais le temps met compter. Si comme je le pense, tu es bien la raison de ses folles rumeurs, je te conjure de me venir en aide. Rends toi dans le bois des ombres, tu y trouveras une cabane de chasseur. Le vieil ermite pourra t’en dire plus. S’il te plait ne me juge pas.

Ailse respira profondement. Cela était bien le genre de son amie de faire tant de mystére, et dans qu’elle guêpier avait elle encore été mettre son nez… Bien qu’elle ait toujours eu une tendance à exagerer les choses, il semblait que cette fois, le danger était bien réelle.

Elle monta directement dans sa chambre, enfila sa tenue de voyage et rangea ses effets personnels dans sa besace. En se rendant aux écuries pour y prendre sa monture, elle croisa Benderio. Elle lui assura que la lettre n’était qu’une lettre d’adieu mais qu’elle n’apportait aucune réponse à son geste, et que son amie partie, elle n’avait plus de raison de rester ici. Avant qu’il n’ait eu le temps de parler ou de poser des questions, elle était déjà dans la cour.

 

Il ne fut pas aisé de se frayer un chemin à contre sens de la foule, et elle fut soulagé de franchir les portes de la ville, laissant derriere elle toute cette agitation grotesque. Le bois qu’elle cherchait ne se trouvait qu’à quelques kilométres mais ne s’y étant jamais rendu elle même, elle dut demander son chemin à un fermier. Lorsqu’elle prononca le nom du bois, celui ci tréssaillit, ce n’est qu’apres l’avoir mis en garde contre les démons qui y vivaient qu’il conssenti enfin a lui indiquer la route à suivre.

Lorsqu’elle pénétra dans le bois, elle comprit pourquoi le paysan lui avait parler de démons. Il n’était pas difficile d’imaginer la peur qu’elle tel lieu puisse inspirer à de simples fermiers ayant toujours vécu dans la superstition. Les arbres étaient implantés si prés des uns des autres, que peu de lumiére s’infiltrait entre les feuillages, plongeant le bois dans une pénombre inquiétante. Certains troncs mort par l’abscence de lumiére auraient facilement pu passer pour des êtres malveillant pour peux qu’on croit à ses mythes. Plus elle avancait, plus son cheval avait du mal à avancer, trébuchant sur des racines et s’écorchant aux brouissailles.

Elle ne sut pas combien de temps elle avanca, mais elle finit par appercevoir la clarté d’une clairiere. La cabane se trouvait en son centre.A premiere vue, l’endroit semblait à l’abandon. Des tuiles manquaient à la toiture et  par endroit des plantes s’infiltraient entre les planches des facades. Ailse descendit de cheval et s’avanca. Lorsqu’elle frappa à la porte, elle aprehenda que celle ci ne tombe tant elle semblait fragile. Personne ne lui répondit. Son expérience passé lui avait apprit à ne pas pénétrer dans le repére de marginaux, ni à insister. Elle attacha donc sa monture à un arbre et elle s’assit dans l’herbes.A en croire le soleil qui était maintenant haut dans le ciel, cela faisait deja plusieurs heures qu’elle était ici à attendre. Pourtant sa patience fut recompenser, au bout d’un long moment, alors que la lumiére baissait dans le ciel, la porte s’ouvrit enfin.

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III

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

               Ailse préféra sortir de l’auberge, le temps que sa chambre soit préparé. L’idée de rester au milieu de tous ces gens vaniteux la rendait malade. Au moins dans la foule de la rue elle ne serait pas obligée de leur faire la conversation. Elle se promena dans la ville, s’arrêtant parfois pour regarder des saltimbanques ou des musiciens. Elle prit même plaisir à regarder un spectacle de marionnettes, pendant lequel elle s’assit parterre au milieu des enfants. Comme eux, elle réagissait aux frasques des pantins de bois, riant de bon coeur. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait prit autant de plaisir. Lorsque la lumière du soleil déclina et que l’ambiance bonne enfant laissa place à l’ébriété et que les bagarres éclatèrent ci et là, elle prit le chemin du retour. Le coeur allégé par cette agréable après-midi, elle entra par la porte des cuisines et fut surprise de ne pas y trouver Okariesse. C’était la cuisinière qui occupait les lieux lors de son dernier passage. Elle l’aimait beaucoup, c’était une femme de forte corpulence, un franc parler bien à elle et une générosité sans égal. Elle avait toujours été bonne avec elle et souvent après le service du soir, elles aimaient se retrouver toutes les trois, Casildia, Okariesse et Ailse, pour jouer aux cartes, riant aux éclats et dégustant une bonne bouteille. A la fin cependant, lorsque la maîtresse des lieux avait épouser Benderio, la cuisinière et Ailse se retrouvaient régulièrement à deux. A la vue de l’intrus dans sa cuisine, la nouvelle chef des lieux s’approcha menaçante, une louche brandit en l’air:
« Ola maraudeuse ! Fiches donc le camps de là avant que je te passe l’envie de voler quoi que ce soit !!
_ On se calme !! Je suis Ailse, Casildia a dû vous parler de moi !  Elle était arrivé au bout de la pièce, le dos contre un plan de travail, s’attendant à devoir maîtriser la folle furieuse et sa louche. A ces mots, l’assaillante se stoppa, puis retourna a ses fourneaux.
_ Désolé m’selle, mais en cette période, nombreux sont les filous, vous comprendrez que je dois de me protéger… A dire vrai, Ailse n’arrivait pas à s’imaginer la cuisinière dans le rôle de la victime. Une voix familière la ramena à la réalité.
_ Voyez donc qui est là ! Ma chère amie Ailse ! Et il se précipita vers elle pour l’étreindre. Si elle n’avait pas été si surprise, elle l’aurait sans aucun doute poignardé pour avoir oser un tel un geste, d’ailleurs dés qu’il la relâcha, elle regretta déjà de ne pas l’avoir fait.. Elle recula pour mettre autant de distance entre elle et lui, que la politesse lui permettait et le regarda déposer son plateau. Après avoir donner quelques ordres à la cuisinière, il revint vers elle avec ce même sourire mielleux que lorsque il l’accueilli, et la prenant par le bras, il la conduisit à travers la salle jusqu’en haut de l’escalier menant aux chambres.
 » Après tout ce temps, te revoir ici ! Comme on bon vieux temps ! Je n’en revenais pas quand Casildia me l’a annoncé ! En ce moment nous sommes débordés mais pour une invité telle que toi, nous arriverons à trouver du temps. Casildia a demandé a notre servante de te faire préparé un bain. Aprés un tel voyage, tu dois surement être épuisé ma pauvre amie, cela te fera le plus grand bien. Ensuite, nous pourrons partagés tous les trois un bon repas ! «  
              A peine eu t’il fini sa phrase, qu’il fit demi-tour et redescendit en salle, la laissant devant la porte de ce qui semblait être la salle de bain. Haussant les épaules, elle pénétra dans la pièce où régnait une douce chaleur, éclairé faiblement par des bougies éparpillées. Elle déposa ses vêtements sur une chaise et se glissa dans l’eau. Elle ne savait pas combien de temps elle était resté ainsi à se prélasser dans son bain, sans les coups frappés a la porte, elle se serait sans doute endormie. Une servante plus jeune que celle de la salle entra, dans les bras du linges propres. Après avoir déposé le tout et fait savoir que les maîtres des lieux l’attendraient dans le bureau dans  quinze minutes pour y prendre le souper, elle quitta la pièce. A contre-coeur, elle sortie de l’eau, et se prépara pour rejoindre ses hôtes. Casildia lui avait fait porté en plus des serviettes une de ses robes. Ailse apprécia qu’elle ce soit souvenu de sa répugnance à porter elle même des toilettes avec trop de fanfreluches. Celle ci restait sobre bien qu’elle jugea le décolleté trop pigeonnant et la taille trop cintrer.
            Elle était détendu, et affamé lorsqu’elle entra dans le bureau. Ils étaient déjà tous les deux attablés, et visiblement son arrivé venait de les couper dans leur conversation. Casildia semblait passablement énervé, quand à lui, il paraissait au contraire se réjouir. Benderio se leva pour aller servir un verre à leur invité pendant qu’en parfaite maîtresse de maison, Casildia l’invita à s’asseoir et entama les banalités des retrouvailles. Le souper se passa dans une ambiance bonne enfant, bien qu’Ailse se sentit agacé par l’attitude de Benderio, agissant comme si ils étaient les meilleurs amis du monde. Or, jusqu’a maintenant, ils avaient toujours soigneusement évités de se retrouver dans la même pièce. Pourtant, au moment du dessert, l’ambiance changea.
La plus jeune des servantes venait de servir et de sortir de la pièce et Ailse venait de goûter au gâteau de fruits qui se révéla être infâme.
  »si je puis me permettre, ta nouvelle cuisinière n’a pas les talents culinaires d’Okariesse. Ils s’arrêtèrent de manger.J’ai d’ailleurs été surprise de ne pas la voir. Qu’a t il bien pu se passer pour que tu doives t’en séparer? Benderio resta le regard figé sur sa cuillère vide, Casildia eut l’air de choisir ses mots.
Disons, que nous avons eu une divergence d’opinion, mais s’il te plait ne parlons pas de ça.
_ Vous avez souvent eu des conversations animées lorsque vous n’étiez pas d’accord mais il est assez difficile d’imaginer qu’elle ai pu te laisser juste pour ci peu.. A peine eut elle fini sa phrase que Casildia se leva de table et prit congé sans aucun mot, ni regard pour son mari ou son amie.
_ Tu n’aurais pas du insister. La voix de Benderio fit sursauter Ailse, devant la brusque sortie de Casildia, elle en avait oublié sa présence. Lorsqu’elle tourna la tête vers lui, il avait le visage livide et s’était lui même levé de table. Leur dispute la beaucoup éprouvé. Tu devrais aller dormir maintenant. A demain. 
Ce soir là, elle eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. Même si elle appréhendait de revenir dans ces lieux, elle n’aurait pu imaginer que tant de choses aient pu changer. La maniére dont elles s’étaient quittés ce soir avec son amie la mettait également mal à l’aise. Demain, il faudrait qu’elle s’excuse auprès d’elle, si elle l’avait blessé ce n’était pas dans son intention. Au vue de sa réaction, la dispute avait du être violente et elle devait bien reconnaître que cela avait éveillé sa curiosité…

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II

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

Le temps avait été clément et la température s’était adoucit, comme convenu, elle arriva peu avant la mi-journée et pu franchir les portes au milieu d’une foule dense. Elle trouva d’ailleurs étrange de voir autant de monde, lors de sa dernière visite bien que ce fut l’été, les rues n’étaient pas aussi remplies. Tandis qu’elle se frayait un chemin dans ce dédale de rues, son attention fut attiré par une affiche clouée sur un mur. Elle s’approcha et lut. C’était bien sa veine, sa venue coïncidait avec la fête de Dalmian… Tout cela était ridicule. Un beau jour, un inconnu avait demander une audience au prés du Gouverneur du pays de Chyrmeir, en personne. Au bout de plusieurs jours d’attente passé dans le halle du Palais, le Gouverneur ne pu que se résoudre à le recevoir. Personne ne sut ce qui s’était dit lors de l’audience mais après leur séparation qui ne se fit que tard dans la nuit, le Gouverneur fit rédiger un décret ordonnant le culte de Dalmian, et des avis furent placardés sur tous les murs. Il semblait que personne ne s’était posé de question et tous avaient accepté la nouvelle lubie du Gouverneur. Cela ne changeait rien de spéciale à la vie du peuple, si ce n’était une raison de plus de faire la fête une fois par an et bien entendu, un impôt de plus. En y réfléchissant, elle ne savait même pas ce qu’était censé représenter ce Dieu… Peu importait, après tout, elle ne se sentait pas concernée par ce genre de choses.
              Elle qui détestait la foule… Dommage, elle raccourcirait sa visite. Cela faisait plus de six ans qu’elles ne s’étaient pas vu,elle et Casildia, le temps passait tellement vite.. Non pas qu’elle n’ait pu venir plus tôt la voir car elle disposait de son temps comme bon lui semblait, de plus elle était souvent passé prés d’ici. La réalité était que de voir Casildia, ferait remonter des souvenirs, une partie sombre de sa vie. Elle lui était redevable comme une enfant à qui la mère donne la vie , elle le savait. Pourtant, elle qui n’avait pas peur de la mort elle même, ne pouvait se résigner à affronter les démons de son passé. Si elle était venue aujourd’hui, c’est qu’elle lui avait promis de lui rendre visite et elle lui devait bien ça. Ce séjour pourrait peut être même s’avérer agréable, non, elle le savait. Ce serait ennuyeux, elle ne se sentirait pas a l’aise.Tout d’abord, Casildia vivait dans un autre monde, loin du sien. C’était une belle femme, avec un caractère bien trempé, toujours souriante. Elle tenait une auberge dans les quartiers huppés de Mirnase. Pas un de ces endroits crasseux et malfamé où se retrouvent ivrognes et crapules mais plutôt une clientèle composé essentiellement de voyageurs fortunés et de marchands. Le seul défaut qu’elle lui trouvait, c’était le choix de son mari. Il s’appelait Benderio, un bellâtre âgé d’une dizaine d’années de plus que son épouse et surtout qui avait flairé la bonne affaire, elle était belle, jeune et bénéficiait d’une bonne situation financière. Il avait agit subtilement et en douceur, si bien que Casildia était tombé follement amoureuse de lui. Il ne lui avait pas fallut longtemps pour la demander en mariage, pour officialisé leur union, également celle de leur bien.. Très vite, il s’était immiscé dans le fonctionnement de l’auberge, jusqu’à en être le principale dirigeant. Pourtant, Casildia semblait heureuse, n’était ce pas ce qui comptait? Elle qui lui avait chanté les louanges de l’amour tout au long de leur voyage, elle qui ne vivait que pour connaître le grand amour… Elle avait déjà songé a le tuer mais cela aurait brisé le coeur de son amie et elle ne pouvait s’y résoudre.  Pourtant, l’idée était tellement séduisante.. mais elle chassa cette pensée de sa tête, du moins la mis de coté pour le moment.
                 Elle se fraya difficilement un chemin dans la foule, tout en la maudissant. Malgré le temps passé et les rues surpeuplés, elle arriva assez facilement à se repérer. Les affaires devaient bien marchés à en croire l’imposante devanture, sur laquelle était écrit en fines lettres rouges « L’étoile de Carlone ». Le bâtiment détonnait avec le reste de la ville, il semblait rayonner avec ses grandes fenêtres fleuries et ses pierres blanches parmi les maisons et les commerces montés hâtivement lors de l’ouverture de la frontière nord. La petite bourgade de l’époque étant a mi chemin avec la capitale, de nombreux marchands s’y arrêtaient et très vite, il fallut construire pour répondre a la demande des voyageurs, l’appât d’un gain rapide porta le choix sur des constructions ternes et sans aucun charme, poussant plus vite que des morelles noires et en totale anarchie.
Elle descendit de son cheval et le deposa a l’écurie où un jeune garcon plutot niais lui promis de bien s’en occuper et de porter son sac à l’intérieur. Elle se dirigea vers la porte de l’Etoile. Quelques petites choses avaient changés, comme les voilages aux fenêtres remplacés par des dentelles finement ouvragées, mais dans l’ensemble, elle eut l’impression de n’avoir quitté les lieux que quelques jours auparavant. Malgré l’affluence, elle vit tout de suite Casildia. Elle l’aperçut prés d’une table à laquelle elle riait avec deux clients. Elle avait l’air encore plus radieuse que lors de leur dernière rencontre et toujours aussi belle. Elle n’alla pas la voir directement, elle n’aimait pas parler en présence de personne qu’elle ne connaissait pas, mais préféra aller trouver une serveuse occuper à laver les chopes, et lui demanda d’aller chercher la maîtresse des lieux. Celle ci la regarda avec des yeux ronds puis s’exécuta. Décidément, Casildia ne semblait pas choisir son personnel pour leur vivacité.. Elle observa la scène, la serveuse s’approcha de la femme qui parut fâché d’être ainsi déranger, puis la surprise passa sur son visage lorsque la serveuse lui parla. Casildia se reprit aussitôt et prit congé pour se diriger vers elle.
               Lorsqu’elle l’aperçut, Casildia parut une fois de plus surprise, puis un sourire illuminant son visage, elle la prit dans ses bras. Elle n’avait jamais aimé ces démonstrations d’affections..
   « Ailse!! Mais que fais tu ici ? Cela fait si longtemps ! 
_  J’ai des affaires a mener par ici, je pensai donc venir rendre visite à une vieille amie. Mais je tombe à un mauvais moment on dirait…elle balaya la salle du regard.
Oui, la fête de Dalmian.. elle aussi observa la foule mais elle paraissait inquiète. Viens, allons dans mon bureau, nous y serons plus tranquille pour bavarder. Elle l’entraîna a sa suite à travers la salle jusqu’à une porte en ébène sur laquelle était gravé un cercle d’où huit flêches pointaient dans des directions opposés. Lorsque la porte se referma, le calme se fit. La pièce était petite mais chaleureuse.  Les murs étaient couverts de lambris, seul un tableau représentant un paysage de montagne y était accroché. A une extrémité, se trouvait deux divans séparés par une table et une bibliothèque. De l’autre, un bureau et un fauteuil a haut dossier. On y voyait la touche féminine de Casildia au travers des vases remplit de fleurs délicates, des dentelles et des moelleux cousins disposés sur le divan.
           Casildia invita Ailse a prendre place dans l’un des divans tandis qu’elle même alla prendre deux verres et une bouteille dans son bureau avant d’aller s’asseoir. Elle servit dans les verres un liquide de couleur ambre et en tandis un à Ailse qui brisa le silence.
Les affaires ont l’air de bien marché, la salle est pleine.
_ Comme pour tous les commerçants dans la ville à cette période de l’année… mais dis moi plutôt quelle affaire peut bien t avoir poussé jusqu’ici, si je me souviens bien, tu as toujours détesté Mirnase?
_ Rien de bien important, juste un petit service à rendre. 
_ Ou plutôt une vie a prendre ?  Casildia avait dit cela sur un ton dégagé. Ne prend pas cet air surpris ! Je te connais mieux que personne, et j’ai cru reconnaître ta griffe sur ses étranges rumeurs qui circulent. Et si j’ai raison, ce qui a l’air d’être le cas vu ton sourire, plus d’un ne dormiront plus tranquille dans la région.
_ Je ne comprend pas de quoi tu parles, je viens seulement en tant que coursier. Quand aux rumeurs, sans toute une de ses légendes de campagne. Ailse soutint le regard de son amie sans ciller, le temps où elle se sentait prise en faute était révolu, elle aussi avait appris à masquer ses émotions.
_ N’en parlons plus alors.. même si cela est dommage.. elle avait dit tout cela le regard dans le vague, comme pour elle même.
Pourquoi dis tu cela ? Aurais tu des ennuis qui mériterait une telle extrémité?  Elle c’était redressé, car il n’était pas dans les habitudes de Casildia de montrer une quelconque faiblesse même devant une amie.
De simples désagréments liés a la profession… des bagatelles, ne t’en fais pas. Elle avait retrouvé son assurance et son sourire si familier. Ne m’en veux pas mais je ne peux m’absenter trop longtemps de la salle avec cette affluence. Je vais demander a Galianne de te préparer la grande chambre, je la gardai au cas où un invité de marque viendrait à l’improviste. Tu devrais profiter des festivités pendant ce temps, et nous dînerons ensemble si tu es d accord. Elle vida son verre et sorti de son bureau. Ailse mit quelques secondes avant de réaliser que Casildia était parti. Elle bu son verre à petites gorgées, tout en repensant à l’étrange comportement de son amie.

 

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I

Posté par chinchillamaskee le 17 avril 2012

Elle marchait dans la neige depuis plusieurs heures maintenant. Elle s’arrêta un instant pour reprendre son souffle. Le vent glaciale la transpercait comme des lames. Il lui aurait parut si bon de pouvoir se poser au pied d’un arbre et de s’y endormir, en se laissant bercer par les bras de la mort, cette vieille amie… Cette idée la fit sourire et elle reprit sa route vers le village. Elle savait que ce n’etait qu’une question de temps avant que leur chemin ne se croisent a nouveau, après tout elles étaient presque devenu intime depuis leur première rencontre.

Au détour d’un virage, elle appercu les premieres fermes, dans moins d’une heure, elle devrait atteindre l’auberge que l’homme lui avait indiqué. Elle n’aimait pas agir dans les villages, mais c’etait sur sa route et après tout, cela lui paierait son voyage. L’endroit ne fut guère difficile a trouver, a cette heure tardive, tous les commerces étaient fermés, a l’exception de l’auberge. Tache de couleurs, de vie, au milieu de cette  rue sinistre. Elle s’approcha de la porte, respira profondément avant de rentrer. Comme elle s’y etait attendu, l’endroit etait bondé. Elle s’avanca jusqu’au comptoir et fit signe au tenancier. C’était un homme gras et chauve avec une lueur de cupidité dans les yeux qu’elle n’aimait pas mais l’avantage de ce genre d’homme, c’est que moyennant finance, tout était possible. En plus d’une chambre pour la nuit, elle négocia l’achat d’un cheval et d’un peu de nourriture. Bien que le tenancier n’eut aucune reponse a sa curiosité, il lui affirma que tout serait pret a l’aube selon ces exigences.  Une fois la porte de la chambre refermé, elle se détendit un peu. La piece etait aussi miteuse que le reste du bâtiment, les murs etaient moisis par endroit et a en croire la poussiere sur le sol et les meubles ( une table de nuit sur laquelle était posé une lampe a huile ebreché, une chaise prés d’une commode sur laquelle on avait posé une vasque et un pichet d’eau ainsi qu’un lit ), le ménage ne faisait pas parti des priorité du proprietaire des lieux…

            Elle avait mal dormi, le matelas était trop dur et les bruits de bagarre ainsi que les cris des ivrognes l’avait gêné jusque tard dans la nuit. Il ne fallut faire guère de temps pour se preparer car elle n’avait pas enlevé ces vêtements pour dormir et était resté sur les couvertures, le lit étant certainement infesté de puces et d’autres vermines. Elle se rafraichit le visage avec un peu d’eau, remit un peu d’ordre dans ses cheveux avant de descendre. Le tenancier était déjà réveillé lui aussi malgré l’heure matinale, et comme prévu, il avait fait préparer par les cuisines une besace remplit de nourriture et d’une gourde d’eau. Le cheval devait l’attendre à l’écurie. Sans un mot, elle paya l’homme et sortie dans la rue. Celle ci était encore déserte mais dans peu de temps les premiers paysans sortiraient pour se rendre aux champs. Elle devait faire vite. Elle s’assura que son capuchon dissimulait correctement son visage et se dirigea vers les écuries. Le tenancier ne l’avait pas volé. Sur le moment, elle avait trouvé excessif le prix demandé, mais l’animal le valait bien. Il ne paraissait pas trés jeune mais malgré tout semblait puissant et en bonne condition physique.
            Elle sortit dans la rue, l’air était encore frais mais la tempête avait cessé. Elle entraina le cheval derrière elle et prit la direction de l’église, la boutique qu’elle cherchait devait se trouver a l’angle. Elle attacha son cheval devant l’édifice, le laisser devant la boutique aurait pu attirer l’attention. Comme à chaque fois, elle avait une monté d’adrénaline. Rien à voir avec de la peur mais plutot de l’exitation. Elle retira une petite bourse accroché par un fin cordon de cuir, autour de son cou. Elle en sorti une bague en or ornée d’un magnifique saphir. Elle la regarda avec tendresse quelques secondes et l’enfila à son doigt par dessus son gant. Apres s’être assuré une dernière fois qu’il n’y avait personne, elle s’avanca devant la devanture et frappa. Il ne lui fallut pas attendre longtemps pour que l’homme vienne lui ouvrir. Il était exactement comme on lui avait décrit. Il était beaucoup plus grand qu’elle, avec une carrure de boeuf, elle imagina assez aisément ce qui avait pu arriver à la malheureuse et à bien d’autres surement… En tant que marchand, il devait voyager souvent, se rendant dans divers petits villages, croisant le chemin de nombreuses personnes et jeunes filles. Un soir de l’hiver dernier, il s’etait arrêté une nuit au village de Sferding. A la fermeture du Pub, sur le chemin de l’auberge, il avait rencontré la jeune Elwenn. La pauvre n’avait aucune chance face a cet homme… Il l’avait emmené à l’écart du village et avait abusé d’elle, la laissant pour morte. Ce n’est qu’en milieu de matinée que les villageois découvrirent son corps dénudé gisant dans la boue. Le coupable lui était déjà loin et qu’importe. Les paysans n’aurait rien pu faire. Des paysans accusant un honnête commerçant ? Un tel procès n’aurait jamais lieu, pire ils auraient été fouetté a mort pour avoir osé proférer de telles accusations. La jeune fille avait survécu grâce aux soins d’une sorcière d’un village voisin. Ce qui l’avait décidé à accepter ce travail, c’était d’avoir rencontrer Elwenn. Elle était comme a demi-morte, plus que l’ombre d’elle même…  Malgré l’heure matinale de sa visite, il sourit a la jeune femme. Cela l’ecoeurait. Elle lui tendit sa main, il lui prit et l’embrassa. Lorsque ses lèvres éffleurèrent la pierre, elle sourit a son tour. Elle retira sa main, fit demi-tour en direction de l’église, laissant l’homme sur le palier de sa boutique. Elle s’autorisa un regard en arrière, juste assez longtemps pour voir le commerçant l’observer hébéter par la disparition tout aussi soudaine que l’arrivée de cette inconnue, puis son regard se figea. Il suffoqua et lorsqu’il s’effondra sur le sol, elle reprit son chemin. Elle n’éprouvait aucun plaisir a regarder sa victime mourir. Lorsqu’elle franchit les limites du village, elle songea qu’il devait déjà être mort, elle talonna son cheval et reprit son voyage en direction d’Olbruna.
               Elle avait poursuivit se route toute la journée, ne s’autorisant qu’un seul arrêt pour laisser boire son cheval dans une rivière qui n’avait pas gelé. Elle savait que la nuit ne tarderait pas et elle voulait absolument atteindre un bois un peu plus loin. Elle y serait a l’abri des éléments et avec un peu de chance, elle pourrait allumer un feu sans être vu.  A cette époque de l’année, on ne croisait que peu de monde sur les routes, et bien souvent ce n’étaient que des brigands. Cela ne l’inquiétait pas mais autant éviter d’alerter les environs de sa présence. Il était difficile de se repérer avec toute cette neige, et sa dernière visite remontait à quelques années maintenant. Après quelques minutes, elle repéra les Mahonias qui dissimulait l’entrée. Elle fut soulager de descendre de cheval, ses membres étaient engourdis par le froid. Elle emmena son cheval un peu plus au fond de la petite grotte, et avec soulagement, elle aperçut un petit tas de bois mort, au moins elle n’aurait pas froid. Elle remercia les hommes qui l’avaient laissé, des chasseurs sans doute, et s’agenouilla pour préparer le bois. Elle deposa son sac à ses cotés, et entreprit de sortir un petit sachet d’ou elle prit une pincée de poudre qu’elle jeta sur le bois, puis elle jeta une pincé d’un autre sachet. Au contact, les deux poudres s’embrasèrent, aussitôt, après quelques instant, un feu ronflait, réchauffant la tanière de fortune.Elle s’était assise contre la paroi, et sorti le maigre repas préparé par les cuisines. Le morceau de gibier était beaucoup trop sec, elle se contenta donc des quelques fruits. Si le temps le permettait, demain elle serait arrivée à Mirnase et elle pourrait prendre un bon repas, peut être même un bain chaud. Pour l’instant, le vent s’était remis à soufflé dehors, tant mieux cela recouvrirait les traces laissé par son cheval. Elle s’endormit en écoutant le souffle du vent. Elle devait partir dés l’aube si elle voulait atteindre la ville dans la matinée. Ce serait le marché, les gardes aux portes de la ville seraient débordés et ainsi elle pourrait passée sans être remarqué. Il était rare qu’une femme voyage seule et cela pourrait éveillé la curiosité.

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